Actualités de l'USR

Loin de retomber, le mécontentement des millions de retraités s’accroît dans le pays contre la réduction arbitraire des pensions. La manifestation du 14 juin, à l’appel de 9 organisations de retraités, va encore le montrer. Il nous faut gagner cette bataille contre plusieurs injustices cumulées.

En demandant « une loi de finance rectificative » pour l’exécution du budget de l’année 2018 afin de ne pas faire prendre en charge par la CSG des dépenses qui étaient alimentées jusque-là par des cotisations chômage et maladie, les 9 organisations de retraités qui appellent à une journée d’action, le 14 juin, mettent le gouvernement de tricheurs dirigé par Edouard Philippe face à ses responsabilités.
Le Conseil d'Etat reconnaît l'anomalie

La démarche commune des 9 est d’autant plus pertinente que le Conseil d’État vient de censurer plusieurs articles majeurs d’un nouveau projet gouvernemental d’assurance chômage en rappelant que la cotisation est la base du financement de la protection sociale. En conséquence, il demande au gouvernement de s’interroger sur le remplacement des cotisations par l’impôt.

Le Conseil d’État ose ainsi rappeler ce qu’est le droit, ce que le Conseil constitutionnel, présidé par l’ancien Premier ministre Laurent Fabius, s‘est gardé de faire quand il a validé le budget. Son devoir était pourtant de s’opposer à cette anomalie qui consiste à faire payer par les retraités -qui n’ont plus rien à voir avec l’Unedic- les cotisations chômage qui relèvent des accords paritaires entre le patronat et les syndicats.

Voilà pourquoi le Conseil constitutionnel a approuvé une arnaque qui se traduit par une diminution de la pension nette de l’ordre de 1,83%, via une augmentation de la CSG de 1,7 point sur la pension brute. Ceci après des années de perte de pouvoir d’achat du fait du blocage des retraites

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Cette hausse de la CSG a quelque chose d’odieux dans la mesure où le pouvoir politique tente de faire passer l’idée qu’il faut réduire le pouvoir d’achat des retraités pour augmenter le salaire des actifs d’un petit 1%, sans que cela ne coûte un seul centime à leurs exploiteurs. En effet, la hausse de la CSG imposée aux retraités est revendiquée par Emmanuel Macron et son gouvernement pour supprimer la part de cotisation des salariés pour le chômage et la maladie. Mais, comme les retraités n’y ont plus droit, les faire cotiser pour le chômage est incongru et probablement illégal.


Le 14 juin, dire non à l’arnaque

La troisième injustice - bien qu’Emmanuel Macron ait remercié les retraités qu’il a spolié au journal de Jean-Pierre Pernaut en avril - résulte du fait que lui et son gouvernement ont,en même temps, supprimé l’Impôt de solidarité sur la fortune (ISF), réduit les impôts sur les bénéfices des entreprises, alors que les profits sur l’exercice 2017 se sont envolés tandis que les PDG, les très hauts cadres et les banquiers n’en finissent pas de s’attribuer des bonus en tous genres.

On ne peut même pas dire que cela profite à l’économie du pays. Si le nombre de chômeurs sans une seule heure travaillée a baissé de 32 100 personnes durant le premier trimestre 2018, cela ne fait que 0,9% de baisse sur trois mois et nous avons toujours 3,7 millions de chômeurs à temps complet. Pire encore, le chômage de longue durée au-delà d’un an continue de progresser, tandis que la précarité des demandeurs d’emploi à activité réduite (avec des boulots de quelques heures par mois) augmente aussi, de même que leur nombre qui est de 2,1 millions en France métropolitaine.

En même temps qu’il tente d’imposer un traitement discriminatoire aux retraités, Emmanuel Macron dit vouloir réformer et unifier les systèmes de retraite afin que, selon lui, « chaque euro cotisé donne les mêmes droits acquis pour tous » au moment de la retraite. Mais il s’est attaqué en janvier 2018 à ces droits acquis par 16 millions de retraités via les cotisations versées durant une vie de travail.

Gérard Le Puill

14 juin. Mobiliser et rassembler sur son lieu de vie

« C’est de l’organisation mise en place pour la campagne des élections dans les TPE (Très petites entreprises) qu’est né ce projet. Pour aller au contact de ces salariés peu syndiqués, répartis sur tout le territoire, il nous a fallu élargir la base militante habituelle, les militants les plus investis étant déjà chargés de multiples responsabilités», nous dit Fabrice David, le Secrétaire général de l’Union Départementale CGT.
Une démarche innovante

« Nous nous sommes adressés aux syndiqués là où ils vivent. Ceux qui le souhaitaient ont pu participer, dans leurs communes, à des actions de collages ou de distributions de tracts... Nombreux ont découvert, à cette occasion, que des voisins ou des connaissances, étaient eux aussi syndiqués à la Cgt. Des liens ont été tissés entre syndiqués actifs, retraités et les salariés des TPE…. La Cgt a gagné cette élection », conclut-il.

L’Union Locale de Paimboeuf, petite ville à l’embouchure de l’estuaire de la Loire, a été choisie pour tester la faisabilité d’un dispositif permanent de création de petits collectifs de syndiqués dans les communes. L’USLR locale est bien sûr partie prenante.
Le renforcement de l’organisation des retraités

Les retraités, intégrés dans le dispositif, en ont constaté l’efficacité. La direction de l’USR44 a pris des dispositions pour adapter cette méthode de travail à sa propre stratégie. Une importante opération de mise à jour a été entreprise avec l’objectif de dresser une carte précise de l’implantation des sections du département et de leurs principaux animateurs. Il sera porté à leur connaissance les noms et lieux de vie des adhérents retraités de leur environnement. Cela devrait aider à renforcer les liens entre les retraités CGT des différentes structures et ainsi permettre une vie syndicale et revendicative sur les territoires plus pérenne et favorisant le renforcement.

Cette démarche syndicale, revendicative et citoyenne au cœur de la population ne peut qu’être enrichissante pour toute la Cgt. Elle est particulièrement importante pour le renforcement du syndicalisme des retraités CGT. La colère qui s’exprime dans les manifestations doit trouver écho aussi, sur les lieux de vie. Une bonne façon de préparer la journée du 14 juin.

Hélène Salaün

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Si la mobilisation du 26 mai avait été aussi décevante que le répètent médias et gouvernement, ils ne se seraient pas mobilisés avec autant d’acharnement pour proclamer avant son essoufflement et manipuler les chiffres ensuite. Leur objectif : décourager les militants avant tout. Nous allons les décevoir le 14 juin.
Si nous mesurons la mobilisation du 26 mai à l’aulne de nos colères et de nos attentes on peut être un peu déçus. Mais si nous la mesurons aux efforts gigantesques qu’ont produit médias et gouvernement pour décourager par avance les participants et minimiser ensuite leur nombre, c’est de réussite qu’il faut parler. Le 26 mai comme les autres manifestations de ce mois de mai, et il y en a eu beaucoup, sont à chaque fois le fruit d’une intense bataille d’idées qui révèle la peur de ce gouvernement et de ses soutiens d’une contestation généralisée de sa politique.

Les manipulations avant et après

Avant la manifestation il s’agissait de dissuader le mouvement syndical de participer à la journée du 26 mai. Le mot d’ordre courait insidieusement dans toutes les rédactions : « c’est une manifestation de la France insoumise », « la CGT se rallie à une initiative politique au mépris de son indépendance ». Cela dit et répété au mépris…de la réalité.

Dans un communiqué du 17 mai la CGT déclare : « Compte tenu de l’urgence sociale, la CGT a pris la décision de construire cet appel avec d’autres organisations syndicales, associatives et politiques dans le respect des périmètres d’intervention et des prérogatives de chacune des organisations. La CGT reste ainsi fidèle à ses principes d’indépendance tout en favorisant l’expression du plus grand nombre de citoyens. ». C’est pourtant clair. Les jours précédant le 26 et le jour même les « experts » convoqués par BFMTV et les autres chaînes ont ressassé à longueur d’antenne la même litanie.

Cette « guerre » préventive n’a pas suffit à décourager les manifestants. Près de 190 manifestations dans le pays et 250 000 participants selon les organisateurs. Le soir même France 2 fait le constat d’un « échec ». Le présentateur Delahousse, qui avait si complaisamment « interrogé » Emmanuel Macron, faisait mine de s’interroger : « déception, demi-succès ou demi-échec ? ». Pas beaucoup de choix…Et la réponse était inscrite au bas de l’écran : « Manifestations : mobilisation en baisse ». L’argument se fondait sur la moindre mobilisation de la manifestation de Paris, comparée à la celle du 5 mai.

C’est l’autre manipulation. Comparer la manifestation nationale à Paris du 5 mai à l’appel de François Ruffin à la seule manifestation de l’Ile de France, en méprisant toutes les autres, à l’exception de celle de Marseille, et le nombre de participants qu’elles ont rassemblés,  est une escroquerie.

Car même si l’on s’en tient aux chiffres de la police et ceux de l’agence Occurrence, dont les méthodes sont pour le moins contestables, il y avait bien plus de participants aux manifestations décentralisées le 26 mai qu’à la manifestation nationale le 5 mai à Paris.

Un début de convergences

Mais ce que les médias n’ont pu totalement gommer c’est le nombre d’organisations, syndicales, associatives et politiques qui ont pour la première fois depuis longtemps et en toute indépendance défilées ensemble. Plus de 60 organisations ! Le foisonnement des revendications et la diversité des participants ont marqué les manifestations. C’est probablement ainsi qu’il faut concevoir la construction d’un grand mouvement populaire. Et c’est bien ce que craignent patrons, gouvernement Macron et leurs soutiens médiatiques : la conjugaison des revendications spécifiques et l’aspiration au changement d’une politique chaque jour plus insupportable. 

Le 14 juin les retraité-e-s

A l'appel des 9 organisations, les retraité-e-es n’ont pas « chômé » ce mois de mai après les manifestations inédites des 28 septembre et du 15 mars. La colère est toujours là car les pensions réduites avec la hausse de la CSG, le gel en 2018 ne résistent pas à l’augmentation des prix dans tous les secteurs. De tous les endroits de France les difficultés pour les retraités se multiplient : pouvoir d’achat, déserts médicaux, transports aléatoires, structures d’accueil fermées…

De nombreuses initiatives sont en cours dans tous les départements et la préparation du 14 juin s’organise au plus près des principaux concernés : les retraités. L’accueil fait aux militants de la CGT est particulièrement encourageant et de nombreuses adhésions sont enregistrées. Déployons nos efforts dans les lieux de vie, sur les marchés, partout pour résussir un beau 14 juin !


Pascal Santoni


 

Evidemment, il fallait s’y attendre, au lendemain du 26 mai, la presse avec un bel ensemble, s’efforçait de démontrer que le 26 avait été un échec, et chacun de reprendre quasiment à son compte le propos méprisant du 1er ministre sur le faible coefficient de marée.

Nous ne sommes ni de celles et ceux qui se rassurent à bon compte, ni de celles et ceux qui ont l’espoir à géométrie variable.

Tout d’abord si on regarde objectivement les faits : le 26 mai a vu plus de monde dans les rues que le 1er mai ou le 5 mai. Un minimum d’honnêteté du gouvernement et des médias devrait reconnaître ce fait. Que l’on prenne les chiffres annoncés par les organisateurs, par la police ou par la dernière trouvaille à la mode l’officine plus habituée à la « communication de grandes entreprises et d’institutions »  qu’à l’évaluation du mouvement social. Il faut d’ailleurs être d’une sacrée mauvaise foi pour comparer les chiffres de la manifestation nationale du 5 mai et ceux de la seule manifestation parisienne du 26 pour en conclure qu’il y avait moins de monde alors que dans les faits il y en avait bien plus dans les plus de 100 manifestations en France. L’honnêteté voudrait aussi que l’on décompte pour la manif du 5 mai les participantes et participants de province qui avaient fait le déplacement.

Autre fait riche d’enseignement, là aussi qui fait l’unanimité des compteurs, il y a plus de monde dans les rues le 26 mai que le 22 mai auquel appelaient tous les syndicats de la fonction publique : preuve s’il en est que l’addition des sigles ne produit pas forcément une augmentation du nombre…

Pour continuer dans le vocabulaire marin et pour répondre à celles et ceux qui s’acharnent depuis samedi à essayer de convaincre le pays que notre 26 n’a pas été un succès, on est incontestablement dans une marée montante. 

Et c’est le premier enseignement que l’on essaie de nous cacher.

Nos adversaires se sont gaussés, réussissant parfois à trouver un écho dans notre camp, du terme de marée populaire qui aurait été employé à tort et de manière exagérément enthousiaste. Mais le rôle d’une organisation qui se bat contre le pouvoir dominant n’est-il pas au contraire d’être volontariste, enthousiaste, de prôner « l’optimisme de la volonté » cher à Gramsci ? D’offrir l’espoir en perspective et de présenter comme « réaliste » ce qui parait « impossible » comme aurait dit le Che ? 
On ne mobilise pas en présentant les prochaines initiatives comme des défilés laborieux mais en présentant la perspective qu’il est possible qu’elles deviennent des vagues déferlantes. Reprocher aux initiateurs de la manifestation d’avoir employé le terme de marée populaire est un bien mauvais procès qu’on laissera à celles et ceux qui ne peuvent s’empêcher d’exprimer leur soulagement par des rires nerveux, rires d’autant plus bruyants que leur peur est plus grande.

De tous temps la bourgeoisie s’est toujours rassurée comme elle pouvait. 
Un peu comme le 4 mai dernier un François Lenglet prévoyant avec l’extrême clairvoyance qui le caractérise une victoire écrasante du OUI au référendum de la direction d’Air France…

La marée du 26 n’a pas tout emporté ? La Bastille est encore à prendre ? Certainement.
Et celles et ceux qui se battent savent bien que nulle part la révolution ne s’est faite en un jour et qu’il est bien plus juste de parler de processus.

Reste que sur l’escalier de la rébellion ce 26 mai est une nouvelle marche de montée et que la suite qu’il nous reste encore à bâtir et inventer, peut être encore plus populaire, si elle unit les chômeuses et les chômeurs, les populations délaissées, discriminées et exclues des quartiers paupérisés, les précaires de toutes sortes, les salariés de la fonction publique et celles et ceux du privé, les retraités ponctionnés.

Ces rassemblements, cette union de la classe ouvrière diverse de notre temps elle est à construire par chacune et chacun d’entre nous, là où l’on est, avec courage et ténacité pour avancer vers le but commun. 

Si la patience est une vertu révolutionnaire, le 26 mai en est déjà une première récompense.

Serge Dassault n'y a pas survécu !!

Ce n'est qu'un combat continuons le début !

Jean Pierre TRICAUD


 

 La CGT appelle à une large mobilisation le samedi 26 mai 2018
Engagée aux cotés des salariés dans de nombreuses luttes au sein des entreprises, des services publics pour l’égalité, la justice sociale et la solidarité la CGT propose une nouvelle journée de mobilisation le samedi 26 mai 2018.
Il s’agit de rassembler la jeunesse, les retraités, les salariés en emploi et hors de l’emploi, les précaires ainsi que toutes celles et ceux qui, solidaires des luttes en cours, ne sont pas encore engagés dans l’action.
Des initiatives diverses seront organisées localement, dans tous les départements, pour permettre au plus grand nombre d’y participer.
Partout, la CGT appelle d’autres forces sociales à « une marée populaire pour l’égalité, la justice sociale et la solidarité » qui doit déferler pour imposer une autre répartition des richesses dans notre pays. Faut-il rappeler que la France est le premier pays au monde en matière de dividendes versés aux actionnaires, soit l’équivalent de 407 milliards d’euros en 10 ans. Cela au détriment de l’intérêt général et du pouvoir d’achat.
Compte-tenu de l’urgence sociale, la CGT a pris la décision de construire cet appel avec d’autres organisations syndicales, associatives et politiques dans le respect des périmètres d’intervention et des prérogatives de chacune des organisations. La CGT reste ainsi fidèle à ses principes d’indépendance tout en favorisant l’expression du plus grand nombre de citoyens.
Pour la CGT, cet appel est complémentaire aux autres mobilisations en cours, déjà programmées et celles à venir.
À ce titre, la CGT poursuivra sa démarche de rassemblement des salariés et des différents syndicats dans l’unité la plus large, à l’image de ce qui se fait dans de nombreuses professions, services ou entreprises.
La réussite de cette journée d’action sera un nouveau cap dans la construction d’un rapport de force indispensable à développer pour contrer les mauvais coups du patronat, du président Macron et de sa majorité parlementaire, et pour faire valoir l’exigence d’autres choix économiques et sociaux.

Lire la déclaration commune des signataires; 26 mai marée populaire